Pas-de-Calais : un agriculteur offre gratuitement ses pommes de terre invendues au lieu de les jeter

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À Penin, un geste simple fait du bruit. Un agriculteur du Pas-de-Calais a choisi de donner gratuitement ses pommes de terre invendues plutôt que de les voir partir à la poubelle. Et derrière ces sacs de patates, il y a bien plus qu’une bonne action. Il y a une réalité dure, des choix impossibles, et un bel élan de solidarité qui redonne un peu d’air.

À Penin, des tonnes de pommes de terre qui ne doivent pas finir en déchet

Dans son hangar, Christian Roussel se retrouve avec près de 90 tonnes de pommes de terre sur les bras. La récolte a été bonne, trop bonne même. Les contrats avec les usines étaient déjà fixés, les volumes déjà prévus. Le reste n’a plus trouvé preneur.

Face à ce surplus, il aurait pu tout laisser s’abîmer. Il a préféré ouvrir la ferme aux habitants. Pendant deux journées, chacun peut venir chercher des pommes de terre gratuitement, avec ses sacs, ses seaux ou ses caisses. Une petite cagnotte est aussi proposée, sans aucune obligation.

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Pourquoi un agriculteur choisit-il de donner sa production ?

À première vue, cela peut surprendre. Comment peut-on avoir trop à manger dans un pays où beaucoup peinent à boucler leurs fins de mois ? En réalité, ce type de situation arrive plus souvent qu’on ne le pense.

Quand une récolte est très abondante, le marché se tend vite. Les débouchés sont déjà pris, les prix chutent, et le surplus ne vaut presque plus rien. Parfois, il est même impossible de le vendre à un tarif correct. Stocker coûte cher. Jeter coûte encore plus, moralement surtout.

Pour un agriculteur, voir des tonnes de nourriture perdre leur valeur est un vrai choc. Ce n’est pas juste une question d’argent. C’est du temps, de l’énergie, du carburant, des machines et des mois de travail qui se retrouvent bloqués dans un hangar.

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Une solidarité qui dépasse largement le village

L’histoire a rapidement circulé sur les réseaux sociaux et dans les médias locaux. Beaucoup de personnes ont salué ce choix avec émotion. Certains parlent d’un geste fort. D’autres y voient une façon très concrète de lutter contre le gaspillage alimentaire.

Sur place, la règle est simple. Les pommes de terre sont gratuites, mais chacun peut laisser une contribution s’il le souhaite. Même quelques euros comptent. Ce petit geste montre que le travail de l’agriculteur est reconnu.

Des habitants, des associations et même des collectivités suivent l’affaire de près. L’idée de racheter ce type de stock pour des cantines ou des structures d’aide revient souvent. Sur le papier, c’est logique. Dans les faits, les démarches sont plus longues et plus lourdes qu’on ne l’imagine.

Ce que cette histoire dit de l’agriculture aujourd’hui

Derrière ces patates offertes, il y a un problème bien plus large. L’agriculture dépend du climat, des rendements et des marchés. Une bonne année peut devenir un casse-tête si les volumes sont déjà engagés à l’avance.

Dans ce cas précis, la pomme de terre ne représente qu’une petite partie de l’exploitation. Cela aide un peu à absorber le choc. Mais pour d’autres producteurs, plus spécialisés, une situation pareille peut devenir très lourde. Quand il n’y a pas de solution rapide, la perte est énorme.

Ce genre d’histoire rappelle une chose essentielle. Ce que vous voyez dans un rayon n’est que la fin du trajet. Avant cela, il y a des mois de travail, des risques et parfois de vraies décisions de survie.

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Si vous voulez aider, voici comment faire utilement

Si vous habitez près de Penin, venir chercher des pommes de terre peut être un vrai coup de pouce. Vous repartez avec un stock intéressant et vous soutenez un producteur local au passage. Mais pour que le geste reste utile, quelques réflexes simples comptent beaucoup.

  • Prévoyez des sacs solides, des seaux ou des caisses pour transporter les pommes de terre sans les écraser.
  • Venez avec un peu de temps. Un échange rapide avec l’agriculteur dit souvent beaucoup sur la réalité du métier.
  • Laissez une participation dans la cagnotte si vous le pouvez. Même une petite somme a du sens.
  • Partagez l’information autour de vous pour éviter que ces pommes de terre ne restent trop longtemps sans être prises.

Et si vous êtes trop loin, vous pouvez quand même agir. Acheter plus souvent en circuit court, aller à la ferme ou au marché, c’est aussi soutenir les producteurs qui travaillent près de chez vous.

Vous repartez avec beaucoup de pommes de terre : comment les garder ?

Un gros stock, c’est pratique. Mais seulement si vous le conservez bien. Sinon, les pommes de terre risquent de germer, de ramollir ou de pourrir trop vite. Le but est simple. Il faut éviter de recréer chez vous le gaspillage que l’agriculteur essaie d’éviter.

Voici les bons gestes pour bien les conserver :

  • Rangez-les dans un endroit frais, sec et sombre, si possible entre 6 et 10 °C.
  • Évitez la lumière directe, qui favorise le verdissement.
  • Ne les laissez pas dans un sac plastique fermé.
  • Préférez une caisse, un panier ou un filet bien aéré.
  • Vérifiez régulièrement l’état des pommes de terre et retirez celles qui commencent à s’abîmer.

Si vous avez une cave ou un garage tempéré, c’est souvent l’endroit idéal. Sinon, gardez une petite quantité en cuisine et stockez le reste ailleurs. Cela permet de mieux gérer les quantités au jour le jour.

Trois recettes simples pour écouler un gros stock de pommes de terre

Quand on a beaucoup de pommes de terre à la maison, le plus simple reste encore de cuisiner vite et bien. Voici trois recettes faciles, économiques et rassurantes. Elles plaisent presque à tout le monde.

1. Purée de pommes de terre maison onctueuse

Pour 4 personnes :

  • 1 kg de pommes de terre à chair farineuse
  • 200 ml de lait
  • 40 g de beurre
  • 1 cuillère à café de sel
  • Poivre et noix de muscade, si vous aimez

Épluchez les pommes de terre, coupez-les en gros morceaux puis faites-les cuire dans une grande casserole d’eau salée pendant 20 à 25 minutes. Elles doivent devenir bien tendres. Égouttez-les soigneusement.

Écrasez-les au presse-purée ou à la fourchette. Faites chauffer le lait et ajoutez-le petit à petit avec le beurre. Mélangez jusqu’à obtenir une texture lisse. Salez, poivrez et ajoutez un peu de muscade si vous le souhaitez.

2. Pommes de terre rôties au four, croustillantes à l’extérieur

Pour 4 personnes :

  • 800 g de pommes de terre
  • 3 cuillères à soupe d’huile d’olive ou d’huile végétale
  • 1 cuillère à café de sel
  • 1 cuillère à café de paprika doux ou d’herbes de Provence

Préchauffez le four à 200 °C. Lavez les pommes de terre et coupez-les en quartiers réguliers. Gardez la peau si elle est fine. C’est encore meilleur et plus rapide.

Mélangez-les avec l’huile, le sel et les épices dans un grand saladier. Déposez-les sur une plaque sans les superposer. Faites cuire 35 à 40 minutes en les retournant à mi-cuisson. Elles doivent être dorées et fondantes au centre.

3. Soupe de pommes de terre et poireaux, réconfortante

Pour 4 personnes :

  • 500 g de pommes de terre
  • 2 poireaux moyens
  • 1 oignon
  • 1 litre d’eau
  • 1 cube de bouillon de légumes
  • 2 cuillères à soupe de crème fraîche, facultatif
  • 1 cuillère à soupe d’huile

Émincez l’oignon. Nettoyez les poireaux et coupez-les en rondelles. Épluchez les pommes de terre et détaillez-les en dés.

Faites revenir l’oignon et les poireaux dans l’huile pendant 5 minutes à feu doux. Ajoutez les pommes de terre, l’eau et le cube de bouillon. Laissez cuire 25 minutes à petit frémissement. Mixez ensuite la soupe. Ajoutez la crème si vous le voulez, puis ajustez l’assaisonnement.

Une pomme de terre offerte, et bien plus encore

Cette histoire du Pas-de-Calais touche parce qu’elle est simple. Un agriculteur a refusé de voir sa récolte finir au rebut. Des habitants viennent, repartent avec des sacs pleins, et un lien se crée. Rien de spectaculaire. Pourtant, tout change un peu.

Au fond, c’est peut-être cela le plus beau. Une patate donnée n’est pas seulement un aliment. C’est un geste de dignité, un signe de confiance, et un rappel discret que le travail de la terre mérite d’être respecté.

Nathalie Gauthier
Nathalie Gauthier

Je vis entre Le Bourget et Paris depuis 11 ans et j'ai un BTS dietetique. J'ecris surtout sur la cuisine du quotidien, les produits bien choisis et les adresses qui valent le detour. J'aime les infos utiles qu'on peut verifier vite.

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