Il existe, en Val de Loire, un lieu qui surprend dès les premiers pas. On croit venir voir un château. On découvre en réalité un jardin d’Éden, vibrant de couleurs, de parfums et de variétés rares. À la Bourdaisière, les dahlias s’alignent comme un feu d’artifice et les tomates racontent, à leur manière, une histoire presque incroyable.
Un château qui cache bien son jeu
Le château de la Bourdaisière, à Montlouis-sur-Loire, ne ressemble pas à une simple demeure historique. Oui, il a ses murs anciens, ses traces de Renaissance et son passé de forteresse. Mais ce qui frappe surtout, c’est l’énergie du lieu. Ici, le patrimoine ne dort pas. Il pousse, il fleurit, il mûrit.
La surprise est immédiate. Le parc s’étend sur 55 hectares et mêle arbres remarquables, allées soignées et espaces de culture. On y trouve une porte attribuée à Léonard de Vinci, des broderies de buis et une perspective à l’italienne qui donne envie de ralentir. C’est beau, mais jamais figé.
Le conservatoire de la tomate, une vraie curiosité
Le cœur du lieu, c’est son conservatoire de la tomate. Et pas n’importe lequel. Cette collection unique en France réunit près de 780 variétés anciennes. Certaines sont rondes, d’autres allongées. Certaines sont rouges, d’autres jaunes, vertes, noires ou presque zébrées. On a presque l’impression d’entrer dans une palette de peintre.
Ce jardin potager clos du XIXe siècle occupe deux hectares. Il a été créé pour préserver des variétés oubliées, mais aussi pour montrer qu’un potager peut être beau. C’est là toute l’idée. Mélanger l’utile et l’agréable, sans jamais sacrifier l’un à l’autre.
Le prince Louis Albert de Broglie, propriétaire du domaine depuis 1991, a beaucoup compté dans cette aventure. Surnommé le Prince jardinier, il a fait de La Bourdaisière un lieu vivant, curieux et inspirant. Ici, on ne visite pas seulement un jardin. On entre dans une vision.
Un festival de formes avec 400 variétés de dahlias
Les tomates ne sont pas seules à voler la vedette. Le domaine abrite aussi un jardin de dahlias avec 400 variétés. C’est un spectacle à part. Les fleurs semblent avoir décidé de repousser toutes les limites possibles. Certaines sont minuscules. D’autres sont énormes. Les couleurs vont du blanc pur au rose vif, du jaune tendre au rouge profond.
Le jardin Dalhia Color, dessiné par le célèbre paysagiste Louis Benech, ajoute une touche contemporaine à l’ensemble. Il se situe derrière le potager et crée un contraste très réussi. D’un côté, la mémoire des variétés anciennes. De l’autre, une composition moderne, nette, presque graphique. Ce dialogue fonctionne à merveille.
Pourquoi la visite plaît autant aux familles
La Bourdaisière séduit parce qu’elle parle à tout le monde. Les passionnés de plantes y trouvent une collection exceptionnelle. Les amateurs d’histoire apprécient le château et son inscription partielle aux monuments historiques depuis 1947. Les enfants, eux, s’arrêtent souvent devant les tomates bizarres ou les fleurs géantes. C’est un vrai terrain d’émerveillement.
On regarde, on sent, on compare. Et soudain, une tomate verte devient fascinante. Un dahlia, pourtant simple en apparence, prend des airs de trésor. C’est exactement ce que réussit ce domaine. Il transforme le regard.
Que voir pendant la promenade
La balade ne se limite pas aux carrés du potager. Le parc réserve aussi de belles découvertes. On y croise des séquoias, des cyprès de Lambert et un verger ancien. Une collection de plantes médicinales complète l’ensemble. Rien n’est posé là par hasard. Chaque coin donne envie de s’arrêter un instant.
Les allées invitent à marcher sans se presser. On passe d’un massif à l’autre. On suit les lignes du jardin, puis on lève les yeux vers le château. Le lieu a cette qualité rare. Il apaise sans ennuyer.
Informations pratiques pour préparer la visite
La Bourdaisière se visite au 25, rue de La Bourdaisière, 37270 Montlouis-sur-Loire. Les jardins ouvrent au public à différentes périodes de l’année, avec des horaires qui varient selon la saison. Mieux vaut vérifier avant de partir, surtout si vous venez de loin.
En règle générale, les jardins sont ouverts de 11 h à 18 h du 7 avril au 31 mai puis du 1er octobre au 2 novembre. En période estivale, du 1er juin au 30 septembre, l’ouverture se fait de 10 h à 19 h. Le tarif adulte est de 12 €.
Un lieu qui donne envie de revenir
Ce qui rend La Bourdaisière si attachante, c’est ce mélange rare entre culture, nature et surprise. On vient pour un château du Val de Loire. On repart avec des images de tomates aux formes étranges, de dahlias éclatants et d’allées paisibles bordées d’arbres majestueux.
Il y a des lieux que l’on visite une fois. Et puis il y a ceux qui restent en tête. La Bourdaisière fait clairement partie de la deuxième catégorie. Si vous aimez les jardins qui racontent quelque chose, celui-ci mérite largement le détour.










